Crans Moretti Ombres
10 mars 2026 , L’OMBRE D’UNE SAINTETÉ BLANCHIE
L’OMBRE DU BLANCHIMENT PLANE SUR LES AFFAIRES DU COUPLE VALAISAN
Une communication interne de la police fédérale suisse met aujourd’hui une pression nouvelle sur les affaires de Jacques et Jessica Moretti. Selon une information révélée par la Radio Télévision Suisse (RTS), la cellule fédérale de lutte contre le blanchiment d’argent soupçonne l’existence de transactions financières opaques et d’un possible montage financier de type Ponzi impliquant plusieurs sociétés liées au couple.
Le document, transmis le 24 février au Ministère public du canton du Valais, émane du Bureau de communication en matière de blanchiment d’argent (MROS), l’organe spécialisé dépendant de la police fédérale. La RTS indique avoir pu consulter cette communication de quinze pages, dont les conclusions sont particulièrement sévères.
Un signalement venu des banques
Selon la RTS, l’alerte fédérale ne tombe pas du ciel. Elle découle de communications de soupçons effectuées par des intermédiaires financiers, conformément aux obligations légales imposées aux établissements bancaires.
Deux banques seraient concernées par ces signalements :
la Banque cantonale du Valais (BCVS)
UBS, en tant que repreneuse de l’ex-Credit Suisse
Les mouvements suspects porteraient sur plusieurs centaines de milliers de francs. Les autorités fédérales s’interrogent notamment sur une succession de transferts entre sociétés appartenant au couple Moretti, décrits dans la communication comme un possible système de comptes de passage destiné à brouiller la traçabilité de l’argent.
Le MROS évoque explicitement un “modus operandi” consistant à faire circuler les fonds entre différentes entités commerciales, ce qui pourrait correspondre à une technique classique utilisée dans certains schémas de blanchiment.
Des flux financiers jugés inhabituels
Le rapport évoqué par la RTS passe en revue une mosaïque d’opérations financières :
hypothèques
leasings
aides publiques
prêts inexpliqués
remboursements de dettes dont l’origine reste incertaine
Certaines opérations apparaissent cohérentes avec des activités économiques normales. D’autres, en revanche, soulèvent des questions sérieuses.
Les enquêteurs s’interrogent notamment sur des remboursements effectués sans prêt initial identifiable, ainsi que sur des flux d’argent entre sociétés qui pourraient servir de relais financiers.
Soupçons de faux documents et autres infractions
Toujours selon la RTS, la cellule fédérale estime également possible que des faux documents aient été utilisés comme garanties dans certaines opérations en Suisse.
Outre le blanchiment d’argent, plusieurs infractions pénales potentielles sont évoquées :
gestion déloyale
faux dans les titres
escroquerie aux assurances
Le rapport ferait notamment référence à un incendie ayant touché l’un des établissements exploités par le couple, Le Vieux Chalet, dont certains aspects financiers auraient attiré l’attention des autorités.
Créanciers, intermédiaires et réseau d’affaires
La communication fédérale mentionne également plusieurs créanciers sollicités pour financer les activités du couple. Parmi eux figurerait un intermédiaire valaisan déjà cité dans une enquête précédente de la RTS.
Un actionnaire d’une société suisse d’horlogerie de luxe apparaît également dans la documentation, avec des crédits accordés aux Moretti — directement ou via des sociétés liées — pour un montant dépassant 200 000 francs.
Le rapport évoque en outre un certain Jean-Marc G., présenté comme le fils adoptif de Jacques Moretti. Son rôle dans les activités commerciales liées à la société Le Vieux Chalet pourrait être plus important que ce qui a été annoncé jusqu’ici.
Le MROS rappelle également que Jacques Moretti aurait entretenu dans le passé des liens avec la Corse, laissant planer l’hypothèse que certaines affaires anciennes attribuées au banditisme corse puissent indirectement rejaillir sur certaines personnes de son entourage.
Défense et prudence juridique
Pour Me Patrick Michod, avocat de Jacques Moretti, il convient toutefois de relativiser la portée de ce document.
Selon lui, aucune conclusion ne peut être tirée à ce stade, rappelant que le MROS n’est pas une autorité de poursuite pénale et que seule une minorité de ses dénonciations débouche effectivement sur des condamnations.
Le Parquet valaisan face à ses responsabilités
La balle se trouve désormais dans le camp du Ministère public du canton du Valais. Celui-ci devra décider s’il ouvre une procédure pénale approfondie ou s’il se limite à des vérifications préliminaires.
Pour Me Romain Jordan, avocat représentant plusieurs familles de victimes dans une procédure liée au drame du Constellation, la communication fédérale revêt au contraire une importance majeure. Interrogé dans le 19h30 de la RTS, il estime qu’il appartient désormais au Parquet d’examiner en détail les flux financiers et les mouvements de fonds, y compris ceux provenant de l’étranger.
Autrement dit, une phase décisive s’ouvre.
Entre soupçons de blanchiment, flux bancaires difficiles à expliquer et réseaux financiers imbriqués, l’affaire Moretti pourrait bien devenir l’un des dossiers économiques sensibles du Valais si le Ministère public décide d’en explorer toutes les ramifications.
9 mars 2026 , L’ARGENT DES OMBRES
CONSTELLATION : LE BAR DES MORTS, L’ARGENT DES OMBRES
Le drame du Constellation à Crans-Montana, qui a coûté la vie à 41 personnes et fait plus d’une centaine de blessés lors de la nuit du Nouvel An, pourrait désormais prendre une dimension bien plus sombre encore.
Selon des révélations publiées par le journal Blick, les enquêteurs fédéraux s’intéressent désormais de près à l’origine de la fortune des gérants du bar, Jacques et Jessica Moretti, tous deux présumés totalement innocents. Et ce qu’ils découvrent commence à ressembler à un véritable dossier de criminalité économique.
Un passé judiciaire lourd
Toujours selon Blick, Jacques Moretti aurait été condamné à plusieurs reprises en France. Les documents consultés par les enquêteurs feraient également apparaître des liens avec le milieu de la prostitution en Suisse romande.
Pour contourner ce passé judiciaire encombrant, l’organisation des entreprises du couple aurait reposé sur un dispositif simple : Jessica Moretti apparaissait officiellement comme gérante.
D’après un rapport interne de la cellule de renseignement financier (MROS) rattachée à Fedpol, cité par Blick, ce montage aurait permis de dissimuler les condamnations de Jacques Moretti aux autorités et aux banques.
Les banques ont tiré la sonnette d’alarme
Après la catastrophe du Nouvel An, les enquêteurs ont passé au crible les comptes bancaires du couple.
Plusieurs établissements financiers auraient transmis des signalements pour soupçon de blanchiment d’argent, notamment en raison du passé judiciaire de Jacques Moretti et de mouvements financiers jugés suspects.
Selon les informations rapportées par Blick, les enquêteurs cherchent désormais à déterminer si de l’« argent sale » a été injecté dans les établissements exploités par les Moretti, dont le bar Le Constellation.
Une fortune à l’origine « suspecte »
Le rapport cité par le quotidien suisse évoque « l’origine suspecte » de la fortune du couple.
Les autorités examinent la possibilité que les activités commerciales des Moretti — restaurants, bars ou sociétés connexes — aient servi de mécanisme de blanchiment, permettant de recycler des fonds provenant d’activités criminelles.
Autrement dit : l’établissement devenu le symbole de la catastrophe de Crans-Montana pourrait aussi être le point d’aboutissement d’un système financier opaque.
Le scandale change de nature
Si ces soupçons devaient être confirmés, le dossier du Constellation ne serait plus seulement une tragédie liée à la sécurité d’un établissement public.
Il deviendrait un scandale criminel majeur, mêlant :
- responsabilité pénale
- blanchiment d’argent
- et contrôle défaillant des autorités.
Car une question surgit désormais avec une indicible brutalité :
Comment un établissement potentiellement financé par des fonds d’origine criminelle a-t-il pu fonctionner pendant des années dans l’une des stations les plus prestigieuses de Suisse ?
La question que personne ne pourra éviter
Les révélations rapportées par Blick ouvrent une perspective explosive pour l’enquête.
Si l’argent du Constellation provenait effectivement d’activités criminelles, ce ne serait plus seulement l’histoire d’un bar devenu piège mortel.
Ce serait l’histoire d’un système entier qui n’a rien vu — ou n’a pas voulu voir.
Et dans un canton déjà ébranlé par la catastrophe, une autre question commence à circuler dans les couloirs judiciaires et politiques :
qui savait ?
Et surtout : qui a laissé faire ?
Quant aux deux derniers paragraphes de l’article de ce jour du Blick, ils vont laisser pantois les lecteurs de L’1Dex :
« Les enquêteurs jugent également suspecte la succession d’incendies survenus dans plusieurs établissements gérés par le couple. Le feu s’était notamment déclaré en décembre 2023 au restaurant «Le Vieux Chalet», puis une première fois en février 2024 au «Constellation». A chaque fois, d’importantes indemnités d’assurance ont été versées au couple après l’incident. L’analyse de leurs comptes montre toutefois que ces montants n’ont pas servi en priorité à la reconstruction, mais plutôt à couvrir des dépenses privées, comme le paiement d’impôts et de primes d’assurance maladie ou la contraction d’un leasing pour des voitures de luxe, notamment une Maserati et une Bentley. »
Le Constellation Bar Case est tout proche de la meilleure des séries de Netflix
