90Mio de fonds privés
28 décembre 2025 , 800 places, ouverture prévue en 2031

800 places, ouverture prévue en 2031, 90 millions de fonds privés: le futur centre culturel de Verbier prend forme
Julien Wicky
28 déc. 2025, 18:13
Financé par des privés
Place donc à un centre destiné à mettre l’art et la musique au cœur de la destination, exploité toute l’année, avec en son cœur un auditorium de 800 places. Créée spécialement à cette fin en 2024, la Fondation du centre culturel de Verbier affiche clairement ses ambitions.
Dès l’origine, nous avons compris qu’il revient au secteur privé d’assumer la construction et l’exploitation. Cela ne peut pas être un danger économique pour la commune.
Peter Brabeck-Letmathe, président de la Fondation du centre culturel de Verbier
«Prenez rendez-vous le 31 décembre 2031 pour un concert de Nouvel An qui fera résonner toute la vallée. Ce n’est pas un rêve, j’ai déjà engagé Gábor Takács-Nagy (N.D.L.R: célèbre chef d’orchestre hongrois)», sourit Peter Brabeck-Letmathe, président de la Fondation, ancien CEO de Nestlé et résident de Verbier de longue date. Face à lui, la salle rit nerveusement, tiraillée entre l’envie d’y croire et la lucidité face à des délais serrés.
28 décembre 2025 , 800 places, ouverture prévue en 2031

«Financé uniquement par le secteur privé pour ne pas faire courir de danger économique à la commune», le centre culturel doit voir le jour sur des terrains mis à disposition par la municipalité: les parcelles dites des terrains Besson, en plein cœur de la station.
Un hôtel de 50 chambres
Verbier a besoin de lits chauds. Si le ski et le sport constituent les piliers historiques de la station, l’offre culturelle viendra s’y ajouter à l’année. Il faut en garantir la pérennité par des logements.
Fabien Sauthier, président de la commune de Val de Bagnes
En parallèle, elle ambitionne d’ériger sur les mêmes terrains un hôtel quatre étoiles de 50 à 60 chambres, via un autre DDP et un financement indépendant du centre culturel. «Verbier a besoin de lits chauds. Si le ski et le sport constituent les piliers historiques de la station, l’offre culturelle viendra s’y ajouter à l’année. Il faut en garantir la pérennité par des logements.»
Le projet résume ce paradoxe de Verbier que les acteurs sur scène continuent de qualifier de «village», alors qu’elle est devenue une ville à la montagne. Ils imaginent un lieu accessible, non réservé aux «privilégiés», avec des jardins ouverts sur les Combins, mais conçu par des sommités mondiales.
28 décembre 2025 , 800 places, ouverture prévue en 2031

Sommités mondiales engagées
Équilibriste, le public l’est aussi. Lors d’un échange d’une heure, l’enthousiasme côtoie le scepticisme. En exemple, un citoyen genevois doute d’une activité possible à l’année et craint que le projet n’alimente surtout «le bal des camionnettes» sur fond d’ultra-luxe, tout en se disant, comme propriétaire, «très heureux de ce développement».
Pour éclairer les ambitions, reste le prisme de l’argent. Se voulant transparents, les porteurs du projet se montrent plus discrets sur le budget, jugé «imprudent et inutile» à dévoiler à ce stade. Ils confirment toutefois des contacts avancés avec «de grands donateurs» et mécènes afin de financer la construction mais aussi les dix premières années d’exploitation.
Interpellé en fin de séance sur une enveloppe qui a forcément été estimée, Peter Brabeck-Letmathe nous confie que l’investissement devrait se situer autour de 90 millions de francs. Entre les fonds à lever, les processus administratifs et démocratiques, les éventuelles oppositions et la construction en parallèle d’un hôtel, aucune fausse note n’est permise pour tenir les délais.