Altis Groupe SA 2025
12 octobre 2025 , Toutes ressemblances seraient fortuites
La Kakistocratie
2 avril 2026 , Le pompier - pyromane
2 avril 2026 , La kakistocratie voir ci-dessus
2 avril 2026 , La piste d'une conduite défaillante
20 mars 2026 , QUAND LA JUSTICE DEVIENT LE DERNIER ÉCRAN D’OPACITÉ
19 novembre 2025 , Annonce du nom du nouvel auditeur indépendant.
Le groupe énergétique de Val de Bagnes, secoué par une crise massive engage :
Réponse prévue pour fin janvier 2026 !
29 Octobre 2025 , Nouvelliste : Altis se trouve un nouveau directeur général
Le groupe énergétique de Val de Bagnes, secoué par une crise massive, engage un nouveau directeur général ainsi qu’un nouveau directeur financier.
En parallèle, l’audit commandé pour faire la lumière sur cette affaire est toujours en cours. De son côté, la commune de Val de Bagnes, actionnaire majoritaire d’Altis et de ses sociétés filles, soumettra prochainement au Conseil général les mesures retenues pour participer au sauvetage du groupe qui, on le rappelle, s’est retrouvé sans trésorerie et lourdement endetté.
par Julien Wicky
29 Octobre 2025 , Nominations à la direction d’ALTIS Groupe SA
Le Conseil d’administration d’ALTIS Groupe SA a nommé Yvan Michellod au poste de directeur général. Originaire du Val de Bagnes et fort d’une solide expérience dans le secteur de l’énergie, il prendra ses fonctions le 1er mai 2026. Il aura pour mission de conduire le renouveau stratégique du groupe, accompagné notamment d'un nouveau directeur financier.
Âgé de 47 ans, Yvan Michellod est actuellement responsable du département Opérations et Maintenance chez HYDRO Exploitation SA, entreprise au sein de laquelle il évolue depuis 17 ans. Ingénieur diplômé de l’EPFL, titulaire d’un master en ingénierie électrique ainsi que d’un doctorat, il possède une expertise pointue dans le domaine de l’énergie. Ses compétences techniques, alliées à son expérience managériale à la tête d’une équipe de plus de 270 collaborateurs, constituent des atouts précieux pour orchestrer le renouveau d’ALTIS.
« En tant que Président du Conseil d’Administration d’ALTIS Groupe SA, je suis comblé d’avoir pu convaincre un tel profil de nous rejoindre. Il connait parfaitement notre métier et la région puisqu’il en est originaire. » déclare avec enthousiasme Stéphane Luisier. Il ajoute : « En tant que directeur général, ses principales missions seront de participer à la définition de la stratégie énergétique locale, de restaurer la confiance de la population et des entreprises envers ALTIS, et de préparer le retour de concession du barrage de Mauvoisin, prévu en 2042.»
D’autres nominations au sein de l’équipe dirigeante
Yann Rodriguez prendra la direction de la division Technologie et Produits à compter du 1er mai 2026. D’ici là, il poursuivra son mandat de directeur général par intérim. Le Conseil d’administration le remercie chaleureusement pour l’engagement et le travail accompli durant cette période de transition, qui se poursuivra encore pendant six mois.
Par ailleurs, ALTIS Groupe SA a trouvé son nouveau directeur de la division Finances. Nicolas Maret, qui occupait cette fonction en tant que consultant depuis le mois d’août, sera officiellement recruté à compter du 1er janvier 2026. Les compétences qu’il a démontrées en seulement quelques mois ont convaincu le Conseil d’administration de lui confier ce rôle stratégique.
A propos de Yann Rodriguez
Originaire de Vollèges, Yann Rodriguez a 48 ans et est titulaire d’un doctorat en intelligence artificielle de l’EPFL. Entrepreneur à succès, il a co-fondé une start-up revendue à un important fournisseur d’Apple. Sa carrière l’a ensuite mené entre autres chez Facebook pour diriger une équipe responsable du développement de casques de réalité virtuelle. Il est chez ALTIS Groupe SA depuis 2023, occupant le rôle de Directeur de l’Innovation et Directeur adjoint de BlueArk Entremont SA.
A propos de Nicolas Maret
Originaire de Val de Bagnes et âgé de 44 ans, Nicolas Maret est un expert diplômé en finances et controlling. Fort de plus de 20 années d’expérience professionnelle, notamment en gestion et direction financière d’entreprises, il a créé sa propre structure de consulting en 2019 et a accompagné de nombreuses entreprises valaisannes. Mandaté par le nouveau Conseil d’administration d’ALTIS Groupe SA durant l’été 2025, il assure actuellement le rôle de Directeur des Finances par intérim.
29 aout 2025 , Tarifs de l’électricité 2026
Dans le prolongement de la baisse des tarifs électriques en 2025, nous avons le plaisir de vous annoncer une nouvelle diminution des prix de l’électricité en 2026 pour les communes de Val de Bagnes, Bovernier et Sembrancher.
Pour rappel, le prix du kilowattheure (kWh) consommé se compose du prix de l’énergie, des coûts d’utilisation du réseau (acheminement) et des taxes prélevées sur l’électricité.
Baisse du prix de l’énergie
Nous constituons notre stock d’électricité sur 3 années afin de nous prémunir le plus possible contre la volatilité du prix du marché. Aussi, l’énergie consommée en 2026 aura été achetée principalement en 2024 et 2025, lorsque son coût était plus bas que les années précédentes. Il en résulte une baisse significative de cette composante sur vos factures électriques en 2026.
En prenant l’exemple du tarif BT simple – Electra Hydris, la composante « énergie » va passer de 15.00 cts/kWh en 2025 à 13.09 cts/kWh en 2026 (-12,7 %).
Hausse des coûts d’utilisation du réseau
L’infrastructure servant à acheminer l’électricité génère essentiellement des coûts fixes. Or, en 2025, la consommation électrique sur notre zone de desserte a continué de baisser, comme en 2024. Cela nous oblige à imputer les coûts d’acheminement sur un volume inférieur de kilowattheures par rapport à l’an dernier. Il en résultera donc une légère hausse des coûts d’utilisation du réseau par kilowattheure consommé en 2026.
Pour le tarif BT simple – Electra Hydris, la composante « acheminement » va passer de 10.42 cts/kWh en 2025 à 8.63 cts/kWh en 2026. Néanmoins, ces valeurs ne sont pas comparables puisque jusqu’en 2025, les frais relatifs au comptage étaient contenus dans les frais d’acheminement. Or, dès 2026, ceux-ci seront affichés séparément sur la facture, d’où un coût d’acheminement qui donne l’impression de baisser mais qui, conjugué à la nouvelle ligne relative au tarif de mesure, présente bien une légère augmentation par rapport à 2025.
Tarif de mesure
En effet, à partir du 1er janvier 2026, la facture d’électricité comportera une nouvelle rubrique intitulée « tarifs de mesure » ou « tarifs de comptage », conformément aux dispositions de l’article 8 de l’OApEl. Leurs montants seront définis en francs par compteur et par mois.
Taxes
Concernant les taxes sur vos factures en 2026, la plupart resteront stables. Celle relative aux services-système de Swissgrid va baisser alors que celle relative à la réserve d’électricité va augmenter. Une nouvelle taxe de solidarité est aussi ajoutée par le réseau Swissgrid pour un montant de 0,05 ct/kWh.
Conclusion
En prenant en compte les évolutions des coûts d’énergie, d’acheminement et des taxes, nous vous confirmons une baisse du prix du kWh facturé en 2026. Pour le tarif BT simple Electra Hydris, le coût total du kWh (hors abonnement, tarif de mesure et taxes communales) s’établira à 24.75 centimes par kWh.
Art. 8 a Systèmes de mesure intelligents 44
1 Pour les systèmes de mesure et les processus d’information, il convient d’utiliser des systèmes de mesure intelligents installés chez les consommateurs finaux, les installations de production et les agents de stockage. Ces systèmes comportent les éléments suivants:45
a. un compteur électrique électronique installé chez le consommateur final, l’agent de stockage ou dans l’installation de production, qui:46
1. enregistre l’énergie active et l’énergie réactive,
2.47 calcule les courbes de charge avec une période de mesure de 15 minutes et les enregistre pendant au moins 60 jours,
3.48 dispose d’interfaces, en particulier une pour la communication bidirectionnelle avec un système de traitement des données et une autre permettant au consommateur final, au producteur ou à l’exploitant de stockage concerné au minimum de consulter ses données de mesure au moment même de leur saisie et, le cas échéant, les valeurs de courbe de charge de 15 minutes, dans un format de données international courant, et
4. enregistre et consigne les interruptions de l’approvisionnement en électricité;
b. un système de communication numérique garantissant la transmission automatique des données entre le compteur électrique et le système de traitement des données, et
c. un système de traitement des données qui permet de consulter les données.
1bis Le gestionnaire de réseau, à la demande du consommateur final, du producteur ou de l’exploitant de stockage, communique les spécifications techniques de l’interface de son compteur électrique.49
2 Les éléments d’un système de mesure intelligent de ce type interagissent de façon à pouvoir:
a. identifier et gérer divers types de compteurs électriques à des fins d’interopérabilité;
b. mettre à jour l’élément du logiciel des compteurs électriques visés à l’al. 1, let. a, qui n’a pas de répercussions sur les caractéristiques métrologiques;
c.50 permettre au consommateur final, au producteur ou à l’exploitant de stockage de consulter les valeurs de courbe de charge de 15 minutes le concernant enregistrées sur une période remontant à cinq ans et présentées de manière compréhensible et de télécharger celles-ci dans un format de données international courant;
d. intégrer d’autres instruments de mesure numériques et d’autres systèmes de commande et de réglage intelligents du gestionnaire de réseau, et
e. détecter, consigner et signaler les manipulations et autres interventions extérieures sur les compteurs électriques.
2bis Les coûts de capital et d’exploitation assumés par le gestionnaire de réseau pour garantir le droit de consulter et de télécharger les données de mesure sont considérés comme des coûts de réseau imputables.51
Pour info : Val De Bagnes Membre Depuis Le 1er Janvier 2021

Le label Cité de l'énergie est un certificat de performance reconnu pour les communes et les régions qui mettent en œuvre une politique énergétique durable et orientée vers l'avenir. Les Cités de l'énergie misent sur la promotion des énergies renouvelables, une mobilité respectueuse de l'environnement et une utilisation efficace des ressources - toujours dans le but de créer un avenir agréable à vivre et respectueux du climat pour leur population.
10 octobre 2025 , Facebook et chiffres tirés des comptes présentés
Complément d'information en charges de personnel des deux entreprises ci-dessous :
Altis Groupe SA
2022.12.31 12'665'698.- 2024.12.31 17'242'175.-
GECAL SA
2022.12.31 29'768.- 2024.12.31 22'845.-
8 octobre 2025 , La débâcle d’Altis pourrait coûter cher
Val de bagnes Le Conseil général va faire un geste de plus aujourd’hui pour sauver son groupe énergétique. Mais comment en est-on arrivé là? Notre enquête révèle des années de confiance démesurée et une surveillance aux abonnés absents.
Par julien wicky photo héloïse maret
Altis a succédé aux Services industriels de Bagnes en 2017. Entre 2021 et 2024, les prêts communaux ont explosé en faveur de la société.Altis a succédé aux Services industriels de Bagnes en 2017. Entre 2021 et 2024, les prêts communaux ont explosé en faveur de la société.
Conséquence d’une situation qui a totalement dérapé, la débâcle d’Altis expose les contribuables bagnards. Le plénum extraordinaire du Conseil général qui se tient ce soir donnera une nouvelle estimation de la facture que la commune, actionnaire majoritaire d’Altis, pourrait payer. En plus de la postposition – décalage du remboursement en dernière position en cas de faillite – d’un prêt communal de 2,5 millions en juin pour éviter le dépôt de bilan du groupe énergétique bagnard, des mesures urgentes prises en septembre (report de remboursements, paiements anticipés) ont permis de dégager 13 millions d’argent frais.
L’affaire a aussi coûté 25 postes à la société, qui comptait 150 employés en juin 2025. Aujourd’hui, la commune va ouvrir un nouveau processus, qui se chiffre à plusieurs millions de francs, pour permettre à Altis d’éviter un naufrage total.
1. La commune s’expose pour 24 millions
L’ordre du jour de la séance prévoit notamment de reporter des amortissements pour 1,9 million de francs et d’octroyer un nouveau prêt de 2 millions. Cela doit permettre, ni plus ni moins, d’assurer le paiement des salaires, des fournisseurs et autres charges courantes. Il ne fait aucun doute que le législatif donnera son blanc-seing.
Le Conseil général devrait aussi voter favorablement une décision de principe portant sur quatre points. D’abord, il sera question d’un abandon de créance et/ou d’une postposition pour 6 millions de francs du groupe Altis.
Le chauffage à distance (GECAL), une des sociétés filles du groupe, devrait faire l’objet des mêmes mesures ou d’une transformation de prêt en capital-actions de 17,8 millions de francs. Soit des dispositions qui, dans le pire des cas, coûteraient près de 24 millions à la commune.
Président de Val de Bagnes, Fabien Sauthier avertit toutefois clairement: l’abandon de créances, soit l’effacement de l’ardoise sur le dos des contribuables, est l’ultima ratio. «Quitte à devoir repousser certaines échéances, il est impératif que ces fonds reviennent à la commune. Il est crucial de ne pas utiliser la trésorerie communale comme un simple coussin de secours pour masquer les effets de cette crise.»
Reste que c’est un fait: c’est parce que la commune dispose d’un matelas solide (50 millions de marge d’autofinancement) que le sauvetage est plus facile à mettre en œuvre.
Tous les secteurs concernés
Autre objet de la décision de principe qui se ressentira sur les finances communales: le moratoire sur le fermage des réseaux chez Sèdre SA, une société fille d’Altis chargée de la distribution d’électricité. Pour faire simple: Sèdre loue les réseaux électriques à la commune, ce qui rapporte environ 600 000 francs à Val de Bagnes, selon le budget 2025. Pour alléger les charges de Sèdre et donc du groupe, Val de Bagnes entend y renoncer.
Enfin, Energie Val de Bagnes SA, autre société liée qui exploite des petites centrales de production, comme de la mini-hydraulique, verra le prix du kWh corrigé de 10 à 2 centimes pour les transactions internes. Cela allégera Altis mais affaiblira la rentabilité de cette entité, qui a bénéficié notamment d’un prêt communal de 4 millions de francs en 2022.
Si les points sont acceptés, Altis et le Conseil communal devront revenir devant le Conseil général avec des mesures et des montants définitifs pour validation. Il ressort en tout cas clairement que l’assainissement s’applique donc à tous les secteurs du groupe, signe d’une crise globale.
Mais comment cela a-t-il été possible? Comment la société a-t-elle pu déraper au point de ne plus avoir un franc dans les caisses? En attendant l’audit commandé par la nouvelle administration d’Altis, notre enquête se plonge dans les archives des décisions communales et révèle un aveuglement à tous les étages, malgré quelques discrètes tentatives de sonner l’alerte.
2. La dette n’est pas le premier problème
Lors de la présentation devant le Conseil général de début septembre, qui révélait l’ampleur de la crise, le nouveau président du conseil d’administration d’Altis, Stéphane Luisier, a insisté sur l’endettement du groupe: 55 millions de francs. Ce n’est toutefois pas le problème le plus inquiétant: il n’y a rien d’étonnant à ce qu’une société s’endette si elle dispose d’actifs – ce qui est le cas d’Altis et de ses sociétés filles. Mais dans cette affaire, la rapidité du trou creusé s’illustre aussi par la grande confiance dans des promesses.
Un exemple? Quarante des 55 millions de dettes sont adossées à GECAL, la société fille d’Altis chargée du chauffage à distance. Née en 2012, elle devait à l’origine alimenter le complexe des 3 Rocs, dont le promoteur était Stéphane Luisier, comme le rappelle un procès-verbal de 2018. Rachetée par la commune en 2014, la société doit alors équiper massivement la station de Verbier pour la décarboner.
Doutes sur la stratégie en 2018 déjà
Dès 2018, des conseillers généraux se sont montrés très sceptiques quant aux dépenses dans GECAL. Plusieurs d’entre eux dénonçaient des dépenses très opaques sur la forme et difficilement compréhensibles, faute d’être détaillées. Mais personne ne s’y oppose pour autant. Aux doutes évoqués, le Conseil communal rassure chaque fois par des promesses de rentabilité future.
Les demandes de prêts pleuvent, un crédit-cadre de 20 millions est débloqué en 2020. Les élus de l’époque promettent une rentabilité dès 2021, un endettement maximal en 2027.
Cela semble mal parti: en décembre 2024, les élus du législatif se posaient explicitement la question d’obliger le raccordement des propriétaires et demandaient «une vigilance accrue sur le rendement de GECAL». Fabien Sauthier précise aujourd’hui: «L’investissement dans le chauffage à distance est un choix stratégique pour le futur, ce n’est pas une coquille vide. Même si l’on devait abandonner une créance sur ce point, cela resterait un investissement que la commune elle-même aurait pu assumer.»
Concrètement, les tuyaux installés dans la station ont une valeur. Un fin connaisseur du dossier, qui souhaite rester anonyme, soupire: «Le problème, c’est que ce projet a été pensé comme on le concevrait dans une ville de plaine, où le raccordement de quartiers est facile. Ici, il faut être au standard de Verbier, avec des chalets individuels de plusieurs dizaines de millions, et convaincre les propriétaires de l’intérêt de se raccorder. Les choses ont été faites un peu à l’envers.»
Il faudrait toutefois que la rentabilité intervienne rapidement: selon la liste en notre possession, GECAL a 40 millions d’emprunts, dont 22 à des banques, avec des échéances dans huit à douze ans, dont certains sont cautionnés par la commune.
3. Le Conseil général doute mais signe
Hormis quelques critiques, le Conseil général ne s’est jamais opposé aux dépenses dans son groupe énergétique Altis, fondé en 2017 pour remplacer les Services industriels de Bagnes. D’année en année, et en particulier au cours de la législature 2021-2024, il vote des budgets dans lesquels l’engagement vis-à-vis du groupe explose. C’est aussi durant cette période que tous les crédits, sauf un, seront octroyés.
Le compte de bilan «Prêts aux entreprises publiques» passe de 7 à 36 millions. En plus, des crédits complémentaires sont votés pour divers projets de diversification du groupe. Hormis GECAL, qui absorbe la majorité des engagements, des millions sont octroyés pour la digitalisation d’Altis et des produits dits «innovants».
«Etre fier de nos sociétés chez nous»
Le Conseil général est parfois pris de doutes. En 2022, il se dit «préoccupé par la gouvernance des sociétés filles» et demande «une stratégie sur le rôle des administrateurs, du Conseil municipal et du Conseil général». La critique la plus claire provient du conseiller général Lionel Saillen (PLR) en septembre 2023, qui constate que le législatif «n’est sollicité que pour accorder des prêts financiers», sans aucun regard sur la stratégie d’Altis ou de ses sociétés.
Régulièrement, le législatif a droit à des présentations de l’ancien directeur général d’Altis, Joël Di Natale, soutenu par le président de la commune entre 2021 et 2024, Christophe Maret, qui présidait aussi le conseil d’administration du groupe jusqu’en juin 2025. On y vante l’innovation et on promeut l’économie locale.
Un exemple? En janvier 2024, alors que les critiques du Conseil général s’accumulent, Christophe Maret appelle à «être fier de l’ensemble de ces sociétés et des compétences que nous avons ici, chez nous, dans notre vallée». Aucun changement notable ne suit la critique.
Responsabilités à clarifier
Cela est aussi vrai à l’intérieur du groupe. Dans le rapport annuel 2024, publié en ligne il y a quelques mois, le directeur général et le président du conseil d’administration mentionnent explicitement le mécontentement de certains collaborateurs quant à la transformation digitale en cours. Alors que les finances du groupe sont déjà critiques, ils estiment que les voix critiques «sont mal informées» ou «ne saisissent pas les enjeux». Christophe Maret constate même que «les ressources humaines ont changé». Et d’ajouter: «Aujourd’hui, chaque maillon de la chaîne a besoin de comprendre pourquoi il fait les choses.»
4. Aucune transparence sur les chiffres
La transparence, autant que la remise en question, paraît absente. Aucun chiffre d’affaires, bilan ou résultat ne transpire des «rapports annuels» publiés en ligne, contrairement à ceux des concurrents comme OIKEN, Genedis, Sinergy, etc. Cela paraît pourtant aller de soi: derrière les communes, ce sont les citoyens qui sont actionnaires.
On n’y trouve pas davantage la lettre du réviseur des comptes, dont on ne saura donc pas s’il a émis des alertes, ce qui aggraverait le rôle de surveillance du conseil d’administration. La comparaison permet d’ailleurs de tirer une conclusion: dans un environnement sensiblement identique, les concurrents d’Altis ne sont pas dans les chiffres rouges.
Une chose est sûre, la commune attend des explications. Pour Fabien Sauthier, la question de la responsabilité doit être clarifiée. Dans une formule issue d’un procès-verbal de juin, le ton qu’il emploie est limpide: «Un conseil d’administration, ce n’est pas pour faire de la figuration. Ceux qui sont partis ont pris leur sac à dos, mais il n’est pas vide.»
Le président le rappelle, c’est à l’audit en cours qu’il revient de clarifier ces questions. Mais il tire déjà des enseignements: «Le mélange des genres qui a prévalu par le passé n’est plus possible, le président ne peut pas être des deux côtés de la barrière. De la même manière, ce n’est pas à la direction d’une société de faire des présentations devant le Conseil général quand on discute d’un prêt, mais au représentant de l’actionnaire.»
5. Une situation encore pire?
Le vrai problème d’Altis, si ce ne sont pas ses dettes, ce sont ses liquidités. Nouveau président du conseil d’administration, Stéphane Luisier s’en est rendu compte: alors qu’il prend ses fonctions cet été, il constate six mois de retard dans le paiement de la TVA et douze semaines de marge pour le paiement des salaires des 150 employés.
En septembre, s’appuyant sur un tableau où le déséquilibre de la société est visible dès 2022, il montrait la démesure des investissements dans des projets digitaux couplés à la diminution drastique de la trésorerie. A chaque fois, on promet des investissements visionnaires qui mettront du temps à être rentables.
Mais le temps passe et le tiroir-caisse sonne creux. Et pour compenser les trous qui se créaient, des prêts étaient demandés à la commune. Le fait que personne n’ait tiré le frein à main reste le principal mystère. De 3 millions en 2018, la réserve en cash est tombée à 150 000 en 2024.
Flux financiers illisibles
La structure même du groupe rend une lecture claire difficile: Altis est la holding mère qui paie les salaires. Ses sociétés filles – Sogesa pour la valorisation de l’électricité, Sèdre pour la distribution et GECAL pour le chauffage à distance – en sont actionnaires. A leurs côtés gravitent encore les entités de production Energie Val de Bagnes (EVB) et d’innovation BlueArk. Mais derrière chaque entreprise fille, c’est la commune de Val de Bagnes qui est majoritaire. Faute de comptes accessibles, les flux entre les sociétés sont imperceptibles.
Et c’est bien le problème: selon un document en notre possession et qui fait écho à la présentation du mois de septembre, il y aurait des «prêts intragroupe» pour près de 23 millions (9 millions dus à SOGESA, dix à Sèdre et trois à Energie Val de Bagnes) qui grèveraient d’autant les finances globales du groupe. A quoi a servi cet argent? Où est-il? Sur ce point, personne n’a pu nous éclairer, nous renvoyant à l’audit en cours.
Un élément ne rassure pas: le montant de 6 millions de francs à l’égard d’Altis groupe sur lequel le Conseil général doit s’engager dépasse la totalité des emprunts externes en cours. Selon une liste en notre possession, Altis – via cinq prêts distincts, tous dans le domaine informatique et digital – ne doit aujourd’hui «que» 5 millions à la commune. Elle doit aussi 1,2 million de francs à la Banque Raiffeisen d’Entremont, dont le dernier emprunt de 950 000 francs remonte à... janvier de cette année.
La décision de ce soir ne permettra pas encore de tourner la page. D’autres mesures devront être précisées lors de l’établissement du budget de l’année prochaine, en décembre.
7 octobre 2025, un jour avant assemblée extraordinaire
Pour Comprendre Les Chiffres Ci-Dessus
Ci-Dessous : Petit Comparatif Très Ressemblant
IDEOLOGIE
Idéologie : Le Mot Que Ne Peuvent Comprendre Les Politiques , Les Universitaires
Et Ceux Qui Ont Fait Des Études Lien : Vers L'explication (en deux images)
5 octobre 2025 , Quand les SIG naviguent entre opacité et conflits d’intérêts
«Les SIG ont développé une mécanique du simulacre, avec des enquêtes internes biaisées, des audits de complaisance et des conflits d’intérêts promus en gouvernance. Genève mérite des institutions transparentes, fondées sur la responsabilité»,
Le Grand Conseil genevois a débattu de la création d’une commission d’enquête parlementaire pour examiner la période 2016-2025, scrutant la sincérité des comptes, les investissements, la transparence des tarifs, les recrutements, les conditions de travail et l’indépendance des contrôles internes et externes. Mais une alliance inattendue entre socialistes, Verts et libéraux-radicaux a bloqué le projet. «Les partis opposés à la transparence sont surreprésentés au conseil d’administration des SIG. Nous lutterons désormais pour une sous-commission d’enquête», a réagi le député MCG Thierry Cerutti.
L’APJJ insiste: «Les faits sont têtus et documentés.» Elle appelle le Ministère public à enquêter et à sécuriser les preuves avant qu’elles ne disparaissent. Elle exhorte également le Conseil d’État à assumer son rôle de surveillance. Contactés par L’Impertinent, les SIG n’ont pas souhaité s'exprimer.
La double casquette de l’avocat-auditeur
Présenté par Robert Cramer, président du conseil d’administration des SIG, comme un «enquêteur externe indépendant», Me Stéphane Voisard a pourtant facturé 250'000 francs à l’entreprise pour divers mandats depuis 2016. «Il a défendu, conseillé, puis audité les SIG, mêlant les rôles avec une désinvolture confondante. Ce n’est pas un simple conflit d’intérêts, mais un système d’opacité qui contourne les exigences de redevabilité», dénonce l’APJJ. La Cour des comptes, dont l’intégrité est reconnue, est vue comme la seule institution capable de rétablir la transparence. Contacté par L’Impertinent, Me Voisard s’est contenté d’un «No comment». La Commission du barreau et la Cour des comptes devront trancher.
Une série de dysfonctionnements
«Un scandale aux SIG en appelle un autre», ironise un député genevois. En 2018, un cadre est condamné par le Tribunal fédéral pour corruption dans l’attribution de contrats éoliens. En 2024, la Cour des comptes révèle une surfacturation de 7,6 millions de francs sur la taxe CO2 (2013-2015), dont 6,4 millions non remboursés à 200 propriétaires d’immeubles, malgré les recommandations du comité de pilotage. Une autre surfacturation, de 22 millions de francs sur les pertes réseau électriques entre 2008 et 2021, a été découverte. Enfin, l’ex-directeur Christian Brunier a démissionné en avril 2024 après des révélations de népotisme, ayant recruté cinq proches entre 2008 et 2024. L’APJJ jette un nouveau pavé dans la mare, accentuant la crise de confiance.
17 Septembre 2025 , Communiqué de presse - PLR Val de Bagnes
Ces services sont vitaux pour la population et pour l’économie locale. Il est donc indispensable d’agir rapidement afin que les salaires et les prestations essentielles soient garantis. Mais l’urgence ne doit pas occulter l’essentiel : comprendre comment une telle dérive a pu se produire et mettre en place des garde-fous solides pour éviter qu'une telle situation ne se répète.
Déjà durant la dernière législature, plusieurs élus au Conseil Général du PLR Val de Bagnes ont fait part de leurs inquiétudes quant à la gestion d’ALTIS, notamment sur les charges de personnel, et ont demandé de replacer les services régaliens au centre de l’activité de la société ALTIS.
Aujourd'hui, toute la lumière doit être faite et des réformes profondes sont indispensables. Les élus PLR du Conseil général ont d’ores et déjà entamé un travail d’analyse et de réflexion pour préparer des décisions responsables et durables.
Le PLR Val de Bagnes s’engage à soutenir les mesures d'urgence indispensables au paiement des salaires. Tout soutien futur devra être conditionné à des réformes concrètes de gouvernance et de gestion.
De plus, le PLR Val de Bagnes est surpris de constater que l’organe mandaté pour effectuer l’audit se révèle être la même société que celle en charge de la révision des comptes. Le conflit d’intérêts est manifeste. Nous demandons qu’un autre organe, neutre et indépendant, effectue cet audit. Le PLR Val de Bagnes déposera une motion en ce sens au Conseil Général.
Enfin, nous demandons à ce que les faits soient établis sans ambiguïté et rendus publics. Dès le résultat de l’audit, la question des responsabilités ne doit pas être éludée.
PLR Val de Bagnes
16 avril 2025 , Restructuration massive chez Groupe E
Un double problème à résoudre, une stratégie à définir
En proie à des problèmes de rentabilité, Groupe E veut biffer 188 emplois.
L’entreprise ressemble un peu à la grenouille qui a voulu se faire aussi grosse que le bœuf.
Comme ses concurrents, Groupe E se retrouve sous pression
Las. La conjoncture se retourne. La guerre en Ukraine provoque une crise énergétique qui pèse sur les prix de l’électricité en Europe.
Dans le même temps, le soufflé retombe dans le domaine du photovoltaïque et des pompes à chaleur, alors que les subventions se tarissent. Comme ses concurrents, Groupe E se retrouve sous pression, confronté à des problèmes de rentabilité dans son volet énergétique et à une diminution des débouchés, couplée à une baisse des prix, dans le secteur de la technique du bâtiment.
Pour remédier à cette baisse de la rentabilité, Groupe E réduit donc la voilure. Douloureux, mais compréhensible. L’énergéticien fribourgeois entend toutefois poursuivre ses investissements dans la transition énergétique. C’est louable. Mais dans la tourmente actuelle, on peine à lire sa stratégie pour retrouver à terme des cieux plus cléments.
10 juin 2014, Grand Conseil Valais Grégoire Dussex
31 décembre 2018 , Extrait du rapport de gestion de GECAL SA

Nous voyons sur cet extrait que la commune a pris l'habitude de postposer ses prêts
Expression utilisée : Diviser pour mieux régner
Question à poser :
Avez-vous étudié les comptes consolidés de cette "nébuleuse" de sociétés ?
Mais existent-ils ??????? Que peut répondre M. Florian Perraudin ??????
18 juin 2025 Demande des comptes (Troisième essai)

Totale Transparence ! !
Question au marionnettiste :
Pompier-pyromane ??

Rapidité Et Précipitation, 25.08.2025, 29.08.2025



12 septembre 2025 , L'1Dex Avait - Une Nouvelle Fois - Raison
Tous deux étaient simultanément au conseil d'administration de Altis Group SA. À leur côté siégeaient notamment un banquier de chez Julius Baer, Éric Rosset, Vincent Michellod, ancien farteur chez Philippe Roux et l'improbable Anne-Michèle Lack, membre de la commission des constructions au moment de la délivrance les plus honteuses autorisations - illicites - de construire.
Julien Wicky sur le site du Nouvelliste : "On ne s’immunise pas avec l’habit d’une commune aux reins solides, pour éviter d’investiguer sur les défaillances cardiaques et cérébrales." Par cette conclusion fine, le journaliste parvient à critiquer simultanément Fabien Sauthier, le prophète des "reins solides", les élus sans cœur qui ont voulu assassiner sur la place publique l'Ours du Châble, et les conseillers sans cervelle trop habitués à malmener l'avocat de l'animal sans cervelle - ou l'inverse - !
Christophe Maret entendu par la police à Martigny au sujet de l'affaire médiatique des constructions illicites : "je veux que ce harcèlement cesse rapidement". Il ne faut préjuger de rien, mais il est probable que le rythme d'avancement des procédutes et surtout leur nombre ne vont pas satisfaire le vœu pieu de cet homme qui aurait tant voulu se débarrasser de Gabriel Luisier et de ma petite personne. Mais les faits sont terriblement têtus. Le 8 janvier 2021, j'avais proposé à l'homme de la débâcle de Altis Group SA de me rencontrer; il n'a pas voulu accepter la main tendue et a préféré faire confiance à un menteur invétéré. Aujourd'hui, encore sur le ring, il peut méditer sur son incapacité à vouloir entendre la vérité. Et ne compter, agenouillé, que sur l'hypothétique clémence abyssale du ministère public et sur les chapelets en série que son confesseur lui donnera à titre de pénitences pour se faire pardonner ses fautes sériales.
Marie-Madeleine s'est éclipsée après avoir battu le bienheureux Eric Voutaz qui sur sa bicyclette doit remercier chaque jour Dieu de ne pas l'avoir conduit à la présidence de Sembrancher.
La politique en Entremont entre de plein pied dans l'histoire contemporaine du Valais.
N'hésitez pas : abonnez-vous à L'1Dex si vilipendé par les amis de ceux qui ne sont pas les miens et qui, magnifiquement cravatés, ne parviennent même plus à faire semblant. Le mur des apparences et des mensonges délétères, fissuré depuis le 23 novembre 2022, est sur le point d'écraser ceux que l'Ours du Châble trop charitable désigne sous le signifiant de farfelus.L'agonie sera longue et douloureuse.
Dommage, ça aurait pu être différent et plus riant.
"pas de souci" ou "pas de problème"
Le roi lion


Depuis Le 15 Décembre 2017 À Ce Jour Au Conseil D'administration ???

11 septembre 2025 ,Altis, chronique d’un effondrement
La réaction de Fabien Sauthier
Au lendemain de la présentation du conseil d’administration d’Altis devant les conseillers généraux, le président de Val de Bagnes, Fabien Sauthier, livre sa réaction — et revient également sur notre enquête.
11 septembre 2025 , Antoine Crognaletti, Rédaction Rhône FM
Bravo à ce journaliste
En moins de dix ans, Altis est passé de modèle régional à gouffre financier. Derrière les 55 millions de dettes relayé mercredi soir par Le Nouvelliste, notre enquête, appuyée sur des documents internes et des témoignages connus de la rédaction, met en lumière une faillite humaine de longue date.
11 septembre 2025 ,Une faillite à la fois financière et humaine pour Altis Groupe SA.
Acte I – L’ascension
À Bagnes en 2017, les Services industriels cèdent la place à une nouvelle entité : Altis.
Sur le papier, tout semble promis au succès. Électricité, eau, chauffage à distance, bornes de recharge, pôle d’innovation : le groupe veut couvrir l’avenir énergétique de la vallée et rayonner bien au-delà. L’effectif grimpe vite, de 100 à plus de 150 employés. Les projets se multiplient. L’image est celle d’une success story régionale, symbole de dynamisme.
Mais derrière cette façade, les fondations sont plus fragiles qu’il n’y paraît.
"C’était censé révolutionner la gestion énergétique des ménages, mais en réalité, il n’y avait rien de concret" ancien cadre chez Altis
Acte II – Les premiers dérapages
Les chantiers emblématiques révèlent les failles. Un exemple parmi d’autres : la cabane de Chanrion, prévue à 650’000 francs, termine à 1,13 million. Près de 75 % de dépassement. Pas un accident isolé, mais le signe d’une incapacité chronique à tenir un budget. Et même si Altis n’a pas directement supporté ce surcoût – puisqu’elle agissait comme prestataire – ce cas reste parlant : il illustre, selon les documents internes que nous avons consultés, la difficulté de l’entreprise à planifier et à piloter ses projets.
L’aventure numérique IRIS enfonce le clou. Présentée comme la vitrine digitale d’Altis, elle devait révolutionner la consommation énergétique. Mais son produit phare, IRIS Home, s’avère sans contenu. "C’était censé révolutionner la gestion énergétique des ménages, mais en réalité, il n’y avait rien de concret", raconte un ancien cadre.
Les collaborateurs voient défiler consultants et projets hasardeux. "On mettait la charrue avant les bœufs", résume un ex-collaborateur. "Des projets étaient lancés sans réfléchir, on savait qu’on avait assez de fric."
Et pendant que l’argent s’évapore dans des projets mal maîtrisés, les habitants de la vallée paient leur électricité à des tarifs parmi les plus élevés du Valais romand.
En 2025, le tarif standard d’Altis atteint 31,76 centimes/kWh, contre une moyenne cantonale de 28,53 centimes.
"Il est possible de baisser les prix de l’électricité, mais Altis coûte trop cher", déplore un employé actif dans le domaine. Pour lui, ce ne sont pas tant les coûts d’énergie brute que l’acheminement – lesté par la structure interne d’Altis et ses frais de fonctionnement – qui rendent la facture si lourde.
L’argent coule, mais la confiance se fissure.
"Il est possible de baisser les prix de l’électricité, mais Altis coûte trop cher" employé en poste chez Altis
"Des projets étaient lancés sans réfléchir, on savait qu’on avait assez de fric." ex-collaborateur d'Altis
Acte III – La rupture
Juin 2022 : un directeur respecté, artisan du chauffage à distance, est licencié du jour au lendemain. Aucun motif clair n’est transmis aux équipes.
Dans un courriel interne en notre possession, adressé à tout le personnel, il dénonce la décision et rappelle que la direction avait promis qu’aucun licenciement ne découlerait du plan de transformation alors en cours. Pour défendre sa réputation, il joint l’assessment du cabinet Vicario Consulting, également obtenu par nos soins : on y lit qu’il est "empathique et rassurant", "valorisant et fédérateur", "soucieux du bien-être et du développement de ses collaborateurs". Une évaluation qui ne ressemble en rien à des arguments pour une éviction.
La stupeur est générale. Et bientôt, la colère.
Quelques jours plus tard, plusieurs collaborateurs adressent une lettre collective au conseil d’administration, que nous nous sommes procurée. Ils parlent d’une "atmosphère lourde et pesante", de "tension imposée par la direction générale", et alertent : ce climat nuit à "la qualité du travail et à l’image d’Altis".
C’est un tournant. Pour beaucoup, ce licenciement marque la fin de la confiance. Mais au sommet, rien ne bouge : le conseil d’administration prend acte, tente d’éteindre l’incendie et poursuit sa route.
Acte IV – L’étouffement
Après le choc de 2022, la défiance s’installe.
Dans les ateliers comme dans les bureaux, la même impression domine : parler ne sert à rien. "Il n’y avait jamais de retour quand tu présentais quelque chose", se souvient un ancien ingénieur. Les propositions s’empilent dans les dossiers, sans réponse. Les décisions se prennent ailleurs, dans un cercle restreint, et descendent sans explication.
La coopération disparaît. Les services fonctionnent en silos, parfois en opposition frontale.
Le recours aux consultants s’intensifie. Pour beaucoup d’anciens employés à qui nous avons parlé, le message est clair : leur savoir-faire n’a plus de valeur. Les projets se décident en externe, les équipes sont réduites au rôle d’exécutants.
La conséquence est tangible : motivation en berne, départs non remplacés. Pendant plusieurs années, Altis a même fonctionné sans directeur financier – un vide symptomatique d’une organisation où le contrôle se perdait.
L’entreprise grossit encore sur le papier, mais son cœur bat de moins en moins
"Il n’y avait jamais de retour quand tu présentais quelque chose" ancien ingénieur d'Altis
Acte V – Le déni et la chute
Fin juin 2025, Altis publie un communiqué officiel. On y lit :
"Malgré un déficit budgétaire en 2024, la survie d’Altis Groupe SA n’est pas menacée. Enfin, il faut souligner le sens du devoir infaillible des 150 femmes et hommes qui composent cette organisation."
Une communication lisse, calibrée, qui promet des "mesures correctives" et remercie les actionnaires.
Moins de deux mois plus tard, le 18 août, la direction implose : le directeur général, le directeur des Services énergétiques et celui des Services digitaux démissionnent.
Et hier, la vérité a éclaté. Le Nouvelliste a révélé l’ampleur du gouffre : 55 millions de dettes, une trésorerie asséchée et 25 postes supprimés. La commune, actionnaire principal, est contrainte de débloquer 13 millions pour éviter la faillite.
La faillite financière, désormais publique, n’a fait qu’entériner une faillite plus ancienne : celle du lien de confiance entre une entreprise et ceux qui la faisaient vivre.
Les nombreux témoins que nous avons rencontrés ont tous souhaité conserver l’anonymat.
19 aout 2025 , Départs en cascade chez Altis sur fond de crise
VAL DE BAGNES Sauvée en urgence du dépôt de bilan par la commune en juin dernier, la société d’énergie se restructure.
La crise du groupe Altis se poursuit et fait des dégâts. Dans un communiqué publié hier après-midi, on apprend la démission du directeur général, Joël Di Natale, ainsi que celle de deux autres membres du comité de direction. Ces départs interviennent alors qu’un audit est en cours depuis plusieurs semaines, à la suite de la situation critique révélée en juin dernier.
Comme nous l’avions détaillé dans nos colonnes, cette société, qui assure notamment la distribution d’électricité dans les communes de Val de Bagnes, de Bovernier et de Sembrancher, était proche du dépôt de bilan à la clôture de l’exercice 2024, en raison d’un déficit dépassant le million et demi de francs. En urgence, la commune de Val de Bagnes, principal actionnaire, avait dû jouer les pompiers en suspendant provisoirement le remboursement de plusieurs prêts, pour un montant total de 2,5 millions de francs.
Décisions rapides attendues
Signe du climat tendu, la décharge avait été refusée au conseil d’administration sortant, mené par l’ancien président de la commune, Christophe Maret. Nommé en juin dernier pour lui succéder à la tête d’Altis, l’ancien conseiller communal Stéphane Luisier s’est vu confier comme première mission de mener l’audit à son terme, et surtout d’en tirer les conclusions qui s’imposent.
Et les premiers enseignements ne semblent pas rassurants: «Des décisions rapides devront être prises et une analyse plus approfondie devra aboutir à une série de mesures structurantes», indique le communiqué. Les conclusions de l’audit sont attendues pour la fin de l’année. Mais que faut-il comprendre de ces départs en cascade? Le déficit est-il plus important que ce qui avait été annoncé, comme le laissent entendre de nombreuses rumeurs circulant dans la commune? Quid de la surveillance de l’ancien conseil d’administration? Contacté, Stéphane Luisier ne peut nous en dire davantage et attend les résultats définitifs de l’analyse en cours.
Les causes de cette situation restent, à ce jour, difficilement explicables. Car, comme nous le rappelions en juin, la situation de Val de Bagnes dans le domaine de l’électricité et de l’énergie est a priori favorable. La commune bénéficie en effet de plusieurs millions de kilowattheures obtenus à des conditions préférentielles, grâce à sa participation dans le barrage de Mauvoisin. En parallèle, le tarif de l’électricité se situe paradoxalement dans la fourchette très haute du canton.
Priorité aux services régaliens
Parmi les explications évoquées, la stratégie de diversification du groupe figure en bonne place, avec notamment le lancement de plusieurs filiales dans les domaines de l’optimisation énergétique ou du chauffage à distance, dont les résultats se sont révélés décevants.
L’audit semble aller dans le sens de ces constats, puisque le communiqué d’hier précise que la priorité est désormais donnée aux services régaliens – à savoir la gestion de l’eau et de l’électricité – sans compromis sur la qualité. Quant aux autres projets, ils sont «en cours de réévaluation».
Yann Rodriguez, actuel directeur de l’innovation et directeur adjoint de BlueArk Entremont SA, succède à Joël Di Natale et prend la direction du groupe ad interim. Il sera assisté du président du conseil d’administration, Stéphane Luisier, et d’un autre administrateur, Florian Perraudin.
4 septembre 2024 , Présentation de la #Vision2030 d'ALTIS à travers 7 travaux stratégiques.
En 1 mot : IDEOLOGIE
14 juin 2025 , La société d’énergie Altis sauvée en urgence

VAL DE BAGNES Face à une situation de surendettement dont les causes sont encore floues, la commune a dû postposer une créance de 2,5 millions de francs pour empêcher un dépôt de bilan.
par Julien Wicky
Proche du gouffre, le groupe Altis, qui gère notamment la distribution d’électricité sur les communes de Val de Bagnes, de Bovernier et de Sembrancher, a dû bénéficier d’un sauvetage en urgence.
Actionnaire majoritaire, la commune de Val de Bagnes a dû décider de postposer – suspendre provisoirement le remboursement – certains de ses prêts à l’égard de la société pour un montant de 2,5 millions de francs. Le Conseil général en a été informé mercredi soir en séance plénière.
Jointe par téléphone, la conseillère communale chargée des finances, Mélanie Mento, explique la situation: «Lors de la remise des comptes, il a été constaté que la société était en état de surendettement. Il y avait deux choix: le dépôt de bilan ou trouver une solution pour une entreprise qui emploie 150 personnes et assure un service public pour la municipalité. La commune a donc décidé de marquer sa confiance à l’égard de la société tout en attendant, pour l’automne, des garanties et des mesures sur le rétablissement de la situation.»
Décharge refusée, mesures attendues
Pour la même raison, la décharge au conseil d’administration précédent, présidé par l’ancien président de la commune Christophe Maret, a été refusée et reportée à une assemblée extraordinaire prévue cet automne. Contacté, ce dernier n’a, pour le moment, pas souhaité faire de commentaire.
Il faut dire que l’état de la société s’est péjoré rapidement. Après un déficit de quelques dizaines de milliers de francs en 2023 qui n’était pas jugé inquiétant, le trou dépasse désormais le million et demi. Et si la commune s’engage pour 2,5 millions, c’est que le budget de cette année a aussi dû être revu et qu’il faut tenir compte d’une perte projetée d’environ 750 000 francs.
Comment en est-on arrivé là? «C’est toute la question qui doit désormais être élucidée», répond Mélanie Mento. Et de préciser que la société évoluait sans directeur financier depuis deux ans, malgré des mises au concours régulières. Nous ne sommes pas encore parvenus à joindre le directeur général d’Altis, Joël Di Natale.
Ancien conseiller communal de Bagnes, Stéphane Luisier a été nommé président du nouveau conseil d’administration. Il y représentera notamment les intérêts de la commune, car Fabien Sauthier, nouveau président de Val de Bagnes, s’est engagé à ne pas prendre part à des conseils d’administration. Nommé vendredi dernier, Stéphane Luisier nous dit que son mandat vient de commencer et qu’il ne peut donc pas répondre à nos questions à ce stade.
Circonstances floues
La rapide péjoration des finances pose nécessairement des questions, même si la volatilité du marché de l’énergie est reconnue. Surtout, le chiffre d’affaires d’Altis dépasse les 100 millions de francs. Comment une perte de 1,5 million peut donc le mettre en danger? C’est apparemment lié à sa structure: le groupe a succédé, en 2017, aux Services industriels de Bagnes et a la forme d’une holding.
Son organisation est complexe: société anonyme de droit privé avec un actionnariat public, elle chapeaute six sociétés filles de gestion de portefeuilles d’approvisionnement (SOGESA), de distribution (SEDRE), d’installations de production et aussi d’un pôle d’innovations. Val de Bagnes en est, à chaque fois, l’actionnaire majoritaire.
Altis est donc une société de services qui ne vend pas de produits, mais qui facture ses prestations à ses autres entités. Faute d’actifs, le sommet de la pyramide est donc rapidement fragilisé par la péjoration de son résultat opérationnel.
Sans pouvoir affirmer que cela est la cause des difficultés, on peut dire que le groupe s’est beaucoup diversifié ces dernières années dans un environnement ultra- concurrentiel, quitte à partir dans beaucoup de directions. Selon nos informations, des résultats de produits ou sociétés annexes dans le secteur de l’optimisation énergétique n’ont pas été au rendez-vous et grèvent en partie le résultat de groupe.
Conseil général déjà sceptique en 2023
Fin 2023, à en croire un procès-verbal du Conseil général de Val de Bagnes, la structure ne faisait déjà pas l’unanimité. Un conseiller s’exprimait ainsi à propos d’un prêt de 1,4 million à accorder à l’entreprise pour le lancement d’une nouvelle société annexe: «Malheureusement, depuis la création de la SA Altis, le Conseil général n’a plus son mot à dire sur la stratégie de l’entreprise. Nous sommes seulement sollicités pour accorder des prêts financiers.»
Le Conseil général s’y était toutefois montré favorable, notamment pour percevoir les intérêts, mais aussi pour «avoir une visibilité sur la marche des affaires». Cela n’a visiblement pas empêché la situation actuelle. Une réflexion sur la refonte de l’organigramme juridique serait désormais à l’ordre du jour.
Quant à la mesure d’urgence prise par la commune, elle a aussi pour effet de l’exposer directement, car son prêt de 2,5 millions serait le dernier à être remboursé en cas de faillite. Val de Bagnes peut toutefois se le permettre: sa marge d’autofinancement est cette année de 50 millions de francs, plus du double de ce qui était budgété. Et Val de Bagnes n’avait en réalité pas vraiment le choix: sans société active de services industriels, il n’y aurait ni eau ni électricité.
Une situation pourtant privilégiée
Il n’est pas certain que la population bagnarde, même assise sur un matelas financier plus que confortable, laisse passer cette affaire sans broncher. La commune bénéficie en effet d’une situation plutôt enviable sur le marché de l’électricité: entre la concession pour le barrage de Mauvoisin et sa participation de 2,5% dans le capital-actions des Forces motrices de Mauvoisin, elle bénéficie de plusieurs dizaines de millions de kWh à des conditions extrêmement favorables. Pionnière en la matière, la commune charge SOGESA, une filiale d’Altis dont elle est actionnaire majoritaire, de valoriser ces kWh sur le marché, c’est-à-dire en les lui vendant. Cette année, cette valorisation énergétique a rapporté plus de 6millions de francs à la commune de Val de Bagnes. SOGESA s’occupe également de l’approvisionnement pour SEDRE, une autre filiale d’Altis, qui distribue l’électricité aux clients. Or, les années compliquées sur les marchés se sont visiblement succédé pour SOGESA, qui a encore enregistré une perte en 2024, tandis que le tarif standard, à 31,7centimes le kWh, se situe dans la fourchette très haute du pays. Dans ces conditions, plusieurs citoyens nous ont déjà fait part de leur mécontentement, déplorant devoir encore jouer les pompiers.
14 juin 2025, Extrait du régistre du commerce Valais

30 mars 2019 , INTERVIEW FLORIAN HÄSSIG – PME MAGAZINE AVRIL 2019
Un de vos meilleurs souvenirs professionnels?
La période entre mon dernier emploi et l’ouverture officielle de Physio Clinics fut l’une des plus exaltante. Cinq mois furent nécessaires pour créer cette société depuis une feuille blanche. Avec le recul, nous sommes conscients d’avoir bénéficié de beaucoup de chance en prenant les bonnes options dès le début de cette aventure.
Quel autre métier auriez-vous pu (voulu) exercer?
Ayant connu un parcours scolaire assez compliqué, j’ai finalement trouvé ma voie dans les branches scientifiques. Suite de quoi je me suis naturellement dirigé vers l’ingénierie, à savoir ingénieur civil. Après une expérience de 3 ans à Berne, j’ai continué mes études à l’EPFL et définitivement quitté ce métier. Je reste convaincu que cette formation m’a beaucoup apporté durant toute ma carrière et m’a permis d’aborder toutes les problématiques professionnelles de manière pragmatique et rationnelle.
Un trait de caractère qui vous séduit ou qui vous agace?
Sans conteste, je ne supporte pas “l’avarice”! Impossible de compter un “gripsou” au sein de mon cercle d’amis ou de proches collaborateurs. Celui ou celle qui fait passer ses intérêts pécuniers ou personnels avant le reste ne pourra jamais gagner ma confiance.
Quelle a été votre plus grande erreur?
Avoir fait confiance, trop vite…. Sachant que la société que vous venez de fonder est le fruit d’un travail et d’un investissement personnel très important, vous vous imaginez que cela mérite un respect tout particulier de la part d’autrui. Nous avons vite déchanté….
Le meilleur conseil que vous avez reçu?
Je garde en tête une discussion que nous avions eu lors de la fondation de Physio Clinics, le notaire avait pris du temps pour nous expliquer l’importance de bien choisir ses partenaires commerciaux. Pour ma part, le choix du partenaire pour fonder notre société avait déjà été fait, il y a 20 ans de cela…avec mon épouse Sybille, évidemment.
Votre plus dure école de la vie?
Mes premiers mois chez Swiss Medical Network (anciennement Genolier Swiss Medical Network) furent très intenses, mais également très formateurs. La société était en pleine croissance et les projets fusaient au gré des acquisitions. La masse de travail était très élevée et les nuits étaient courtes, mais une dynamique très envoutante s’était installée au sein de l’équipe dirigeante; ce fût une période inoubliable.
Votre plus grande extravagance?
Avoir pris la décision de ne plus manger de viande à l’âge de 13 ans, c‘est-à-dire il y a bientôt 30 ans, était une décision peu banale à l’époque. Dans les années 90, il n’était pas question de véganisme ou d’antispécisme, les mentalités n’étaient pas aussi tolérantes qu’aujourd’hui.
Votre plus grand rêve?
Malgré un contexte sociétal et économique en pleine mouvance, j’espère que nous réussirons à transmettre à nos filles, Mélissa & Céleste, les valeurs essentielles que sont l’importance du travail, le respect de l’autre et la loyauté.
Quel titre mettriez-vous sur votre portrait?
“Patron au quotidien”. Être “patron” oblige de prendre des décisions au quotidien, parfois impopulaires, non pas pour son bénéfice personnel, mais pour l’intérêt commun de l’entreprise et de ses patients. Certains l’oublient parfois…
La personnalité avec qui vous aimeriez dîner ?
Sans nul doute,Barack Obama! Ce monsieur a largement marqué de manière positive l’histoire des Etats-Unis et du reste monde. Son charisme et son parcours en font un leader politique incontesté, avec lequel j’adorerai pouvoir échanger.
Votre équipe Physio Clinics
13 juin 2025 , Une faillite évitée de justesse pour Altis

son directeur s’explique
Le distributeur d’énergie Altis a frôlé la banqueroute. Pour éviter le dépôt de bilan, son principal actionnaire, la commune de Val de Bagnes, a accepté de postposer un prêt de 2,5 millions de francs. Un nouveau conseil d’administration a été nommé pour reprendre la main.
Fondé en 2017 sur les bases des Services industriels de Bagnes, Altis Groupe SA est devenu en moins de dix ans un conglomérat régional multiservice. Il chapeaute aujourd’hui plusieurs entités : SEDRE SA, SOGESA, GECAL SA, EVB SA et BlueArk Entremont SA. Tous avec comme actionnaire majoritaire, la commune de Val de Bagnes. À travers elles, le groupe couvre des secteurs aussi variés que l’électricité, l’eau potable, le chauffage à distance, les bornes de recharge ou encore le photovoltaïque. Son périmètre s’est étendu bien au-delà de la commune, avec des projets dans tout le Valais romand. L’effectif a crû rapidement : d’environ 100 personnes en 2016, Altis en comptait plus de 150 fin 2024.
Mais cette croissance a masqué une réalité financière plus trouble. Selon son directeur général, Joël di Natale, le groupe était bel et bien en difficulté au sens du Code des obligations.
Les causes sont multiples. En tête, l’explosion des prix de l’énergie d’ajustement, qui a alourdi les charges de l’entreprise. Plusieurs investissements stratégiques se sont aussi révélés décevants, à l’image d’IRIS, une plateforme numérique censée permettre une gestion collective de la consommation énergétique. Prévue comme vitrine digitale du groupe, elle n’a pas rencontré le succès espéré.
L’assemblée générale comme garde-fou
Le vendredi 6 juin, lors de l’assemblée générale ordinaire, la commune de Val de Bagnes, actionnaire majoritaire, a accepté de postposer un prêt de 2,5 millions de francs accordé à Altis Groupe SA. Concrètement, l’entreprise n’a plus à rembourser cette somme dans l’immédiat, ce qui lui permet d’honorer ses obligations pour 2024 et 2025. En parallèle, un nouveau conseil d’administration a été élu, avec Stéphane Luisier à sa tête, chargé d’analyser la situation et de proposer une nouvelle feuille de route. L’assemblée a aussi décidé de suspendre temporairement la décharge à l’ancien conseil d’administration, dans l’attente de conclusions attendues cet automne.
Côté finances, Joël di Natale nie tout gel généralisé des salaires, comme cela a pu être affirmé. Il confirme en revanche la suppression des primes indexées sur la performance globale. Une décision conforme au règlement d’entreprise.
Sur le terrain, certains projets jugés non essentiels ont été ralentis, voire abandonnés, notamment dans le secteur du développement numérique. À l’inverse, les investissements dans les réseaux et la gestion de portefeuille énergétique ont été maintenus, voire renforcés. Selon le directeur, ce recentrage vise à stabiliser les fondations du groupe tout en conservant une capacité d’action sur ses métiers de base.
La crise n’a pas été que financière. Elle a aussi été humaine. "Ce qui me fait le plus mal aujourd’hui, c’est de voir mes collaborateurs affectés par cette situation", confie Joël di Natale. Il décrit une fatigue perceptible dans les équipes, pourtant restées mobilisées malgré l’instabilité.
La suite
Le directeur général assure que la direction a entamé une réflexion stratégique, en lien avec le nouveau conseil d’administration. Il appelle à une lecture collective des responsabilités : "La stratégie est désormais du ressort du conseil, ce n’est pas à moi seul d’en juger les fondements." Les premières réunions ont déjà eu lieu. Les budgets 2026 devront être finalisés d’ici à l’automne.
Altis est donc entré dans une phase de reconstruction. Sauvé par la commune, le groupe devra désormais regagner la confiance de ses employés, de ses partenaires et des citoyens. Une opération redressement qui commence sous surveillance.

























