Crans-Montana Presse
- 4 février 2026 , Incendie de Crans-Montana : le long combat des victimes | RTS
- 12 janvier 2026 , Crans-Montana : enquête sur les contrôles anti-feu
- 24 janvier 2026 , Les Méthodes De Diversion Des Dirigeants Pour Mentir Au Peuple Ils Nous Diront La Verité Dans Les Film Et Nous Mentirons Dans La Vrai Vie
- 8 janvier 2026 ,En un éclair, les Moretti se sont bâti un véritable empire immobilier
- 8 janvier 2026 , Analyse immobilière des journalistes du Blick
- 7 janvier 2026 , la procureure Béatrice Pilloud sur la sellette?
- 7 janvier 2026 , Analyse de Myret Zaki
- 1 Elle n’instruit pas l’affaire elle-même
- 2 Une communication très lacunaire
- 3 Plaignants exclus des auditions
- 4 Elle laisse les suspects en liberté
- 5 Elle n’a pas fait perquisitionner la commune
- 6 Des conflits d’intérêt mal gérés
- 7 Déssaisissement évoqué
4 février 2026 , Incendie de Crans-Montana : le long combat des victimes | RTS
C’était il y a quatre semaines exactement, le premier jour de l’an à Crans-Montana, et le temps qui s’arrête brutalement pour plus de cent cinquante familles.
Il y a d’abord celles dont l’enfant compte parmi les quarante morts de l’incendie et qui doivent affronter cet impossible deuil.
Et puis il y a aussi ces dizaines d’autres familles qui ont vu leurs existences basculer et leurs vies se réorganiser en quelques heures, à proximité d’un centre pour grands brûlés où leur fils, leur fille luttent jour après jour pour survivre.
Trois familles dont l’enfant est hospitalisé ont accepté que nous les accompagnions durant tout ce mois de janvier pour documenter les conséquences de ce qui constitue la plus grande tragédie de l’histoire récente de notre pays.
De Saint-Gall à Lyon, en passant par Metz, les parents de Farah, de Jérémie et de Matthieu, racontent, dans leurs mots, dans leur chair, cette nuit d’angoisse et leur vie désormais suspendue, jour après jour, aux nouvelles du corps médical.
Entre colère, espoir et résilience, leurs témoignages mettent des mots sur l’incompréhensible.
Nos pensées à l’ensemble des familles touchées.
12 janvier 2026 , Crans-Montana : enquête sur les contrôles anti-feu
🔎 En moins d’une minute, l’incendie du bar Crans-Montana a plongé une station entière dans l’horreur : 40 morts, plus de 100 blessés, et une soirée festive transformée en drame national.
Les premiers éléments de l'enquête mettent en lumière de graves défaillances de sécurité. Plus troublant encore, la commune reconnaît n’avoir procédé à aucun contrôle incendie pendant cinq ans.
Au-delà des propriétaires du bar, la question des responsabilités pourrait désormais s’élargir aux autorités communales.
24 janvier 2026 , Les Méthodes De Diversion Des Dirigeants Pour Mentir Au Peuple Ils Nous Diront La Verité Dans Les Film Et Nous Mentirons Dans La Vrai Vie
8 janvier 2026 ,En un éclair, les Moretti se sont bâti un véritable empire immobilier
L'empire immobilier des Moretti à Crans-Montana, bâti sans aucun crédit, finit en drame mortel. Leur fortune opaque et le passé de proxénète du gérant alimentent de lourds soupçons de fraude.
8 janvier 2026 , Analyse immobilière des journalistes du Blick
Dorothea Vollenweider et Beat Michel
Leur ascension fulgurante s'est brisée net dans une tragédie mortelle. En peu de temps, les gérants du bar «Le Constellation» s’étaient bâti un véritable empire immobilier à Crans-Montana. Cette réussite éclair, portée par des moyens financiers qui semblaient illimités, soulève aujourd'hui une question: comment un tel essor a-t-il été possible?
Au-delà du bar dévasté par les flammes, Jessica et Jacques Moretti sont à la tête d'un patrimoine impressionnant, incluant plusieurs villas et restaurants. Un détail interpelle toutefois: selon les révélations du portail Inside Paradeplatz, l’ensemble de ces biens aurait été acquis sur fonds propres. Aucune hypothèque n'apparaît au registre foncier.
Arrivés en Suisse avec des moyens dérisoires, le couple corse s'est retrouvé, presque du jour au lendemain, à la tête d'une fortune colossale. Ce succès fulgurant occulte pourtant un passé trouble: en 2008, Jacques Moretti a purgé quatre mois de prison ferme en France pour proxénétisme aggravé, assortis de huit mois avec sursis. Selon les révélations du journal «Le Parisien», il était alors impliqué dans un réseau de prostitution.
Un afflux d'argent fulgurant
Le couple de restaurateurs a fait son entrée sur le marché immobilier exclusif de Crans-Montana en 2020 avec le bar «Le Constel». Après avoir loué l'établissement pendant cinq ans, ils l'ont acheté et l'ont rebaptisé «Le Constellation».
Toujours en 2020, leur patrimoine s'est enrichi d'une propriété de 298 mètres carrés. Cette parcelle se décompose en 80 mètres carrés de surface habitable, 112 mètres carrés de jardin et 106 mètres carrés de surfaces bâties annexes. Selon l'extrait du registre foncier consulté par Inside Paradeplatz, la valeur fiscale de ce bien s'élevait à 820'000 francs.
Après cela, ils ont acheté un restaurant de burgers, «Le Senso», au centre de Crans-Montana. En 2023, ils ont ajouté l'auberge «Le Vieux Chalet» à Lens à leur patrimoine. En 2024, les Corses ont acquis une autre maison individuelle dans le village de Lens, d'une superficie de 501 mètres carrés. La valeur estimée était de 410'000 francs suisses et l'achat a été conclu le 8 octobre 2024. Toujours selon Inside Paradeplatz, le couple n'a contracté aucun emprunt pour ces acquisitions.
«Ce sont des étrangers pour moi»
Blick a fait le tour de la propriété Moretti et remarque un détail particulièrement frappant: les bâtiments semblent tous neufs et de grande qualité. Bien que la construction de tous les bâtiments ait commencé il y a quelques années, des échafaudages et des sacs de matériaux de construction sont encore visibles derrière et à côté des maisons. Des 4x4 de luxe sont également garés près de la résidence.
Blick a discuté avec les voisins, mais ils ne savent que peu de choses sur le couple. «Je suis passé une fois seulement dans leur bar, témoigne l'un deux. J'ai reconnu la femme. Mais elle ne nous a pas adressé la parole.»
Une femme âgée, qui a pris l'habitude d'acheter ses cigarettes dans le restaurant voisin, confesse: «Je connais tout le monde dans le village, sauf eux», révèle-t-elle. Une voisine directe d'une des maisons des Moretti n'a pas non plus de contact avec eux. «Ils habitent ici depuis plusieurs années, ce sont toujours des étrangers pour moi.»
Les soupçons d'un avocat
En revanche, Sébastien Fanti, l'avocat de plusieurs familles de blessés, en sait plus sur le couple. L'accumulation rapide de la fortune des Moretti l'inquiète. «Au début, il n'était que directeur du bar, pas propriétaire. Puis tout à coup, il a acheté des biens immobiliers pour plus de trois millions de francs, sans prendre un centime de crédit», a-t-il déclaré au «Parisien».
Il possède aussi un dossier accablant sur Jacques Moretti: une succession de faillites ayant jalonné son parcours entre la Corse, la France et la Suisse. «Avant d'acquérir ses propres établissements, il s'acquittait d'un loyer mensuel de 40'000 francs. Il aurait fallu vendre une quantité astronomique de cafés pour couvrir une telle charge», souligne Sébastien Fanti. «Et puis, d'un coup, il se retrouve avec plusieurs millions en liquide? Comment est-ce possible?»
«
En 26 ans de notariat, je n'ai jamais vu cela
Sébastien Fanti, avocat
»
Pour étayer ses soupçons d'activités illicites, il dresse un parallèle cinglant avec sa propre clientèle fortunée: «J'ai 54 ans, j'exerce le métier d'avocat depuis deux décennies, et pourtant, l'intégralité de mes biens est hypothéquée. Aucun de mes clients étrangers ne s'installe en Suisse sans solliciter un prêt bancaire. En 26 ans de notariat, je n'ai jamais vu cela: Monsieur Moretti débarque à Crans-Montana et fait l'acquisition de propriétés d'une valeur de trois millions de francs, payées rubis sur l'ongle.»
Depuis l'incendie du Nouvel An, la famille Moretti n'a tiré aucun profit de son activité. Sous la pression de l'opinion publique, les autorités ont ordonné la fermeture du «Senso» et du «Vieux Chalet» jusqu'à nouvel ordre.
7 janvier 2026 , la procureure Béatrice Pilloud sur la sellette?

Face aux multiples signaux de laxisme, les demandes de démission de la procureure se font entendre de part et d'autre de la Sarine. Pour Sébastien Fanti, le Grand Conseil valaisan devrait désigner un magistrat hors canton comme Eric Cottier, ancien procureur vaudois.
7 janvier 2026 , Analyse de Myret Zaki
1 Elle n’instruit pas l’affaire elle-même
Reproche maintes fois réitéré, la procureure générale Béatrice Pilloud, qui est le visage du Ministère public sur le désastre de Crans-Montana, n’instruit pas elle-même l’enquête pénale, malgré la gravité du dossier. Elle a confié l’instruction à un pool de quatre procureurs.
Contacté, le Ministère public n’est pas disponible pour donner les noms de ces magistrats et nous laisse un message automatique en retour. On sait seulement que la direction de la procédure est confiée à la procureure générale adjointe Catherine Seppey, tandis que Béatrice Pilloud elle-même n’est en charge que de la communication et des relations internationales.
Initialement, la situation était encore plus discutable. Béatrice Pilloud avait confié l’instruction exclusive à une jeune procureure, Marie Gretillat, en poste depuis seulement trois ans et n’ayant jamais instruit d’enquête auparavant. Elle allait se retrouver seule pour traiter un dossier d’une ampleur sans précédent pour le canton. Ceci, dans un Ministère public où, à peine trois mois auparavant, une procureure s’était justement donné la mort après s’être retrouvée sans aide sur de très gros dossiers et dépassée par la tâche. Si bien que le choix initial de Béatrice Pilloud interrogeait: face au dossier capital de Crans-Montana, les profils les plus expérimentés n’avaient pas été mobilisés en priorité. Le signal d’un manque de sérieux a été maintes fois évoqué.
Il faut rappeler que le Ministère public du Valais dispose d’une direction centrale, que dirigent Béatrice Pilloud et l'adjointe Catherine Seppey. Les dossiers sont attribués par régions. L’affaire du bar «Le Constellation» relève de l’Office régional du Valais central, où travaillent 10 procureurs, dont Marie Gretillat. «Mais quand ce système a été mis en place, explique Jean-Luc Addor, avocat des victimes, la volonté était d’avoir une patronne qui prend elle-même en main les affaires sensibles et à grand retentissement. Cela relève clairement de la compétence de l’Office central et c'est dans son cahier des charges. Il n’est pas concevable qu’elle se limite à faire de la communication. Les Valaisans attendaient que Mme Pilloud prenne la direction de la procédure, ce qui n’empêche pas qu’elle se fasse aider face au nombre d’auditions qui seront menées.»
Béatrice Pilloud occupe ce poste depuis deux ans. Auparavant, elle a exercé comme avocate indépendante pendant 20 ans à Sion. Elle n’a elle-même jamais directement instruit une enquête pénale. «La question est de savoir si Béatrice Pilloud peut encore prétendre diriger l’enquête, et si elle ne le fait pas, que l’on m’explique à quoi cela sert qu’elle soit procureure générale. A la police valaisanne, un nouveau commandant est arrivé cette année, et face à la catastrophe, il a fait son travail», conclut Jean-Luc Addor.
2 Une communication très lacunaire
Depuis le drame du 31 janvier, la communication insuffisante de Béatrice Pilloud a interrogé, avant d'irriter. Au départ, il y a eu une retenue extrême. On voyait Béatrice Pilloud venir sur les plateaux de télévision sans apporter une seule réponse aux nombreuses questions des journalistes. Certes, il fallait respecter le temps de l’enquête.
Mais cela a valu au Ministère public valaisan d’être pris de vitesse dès les premiers instants. Par les Français, qui très vite ont communiqué publiquement sur les ressortissants français qui figuraient parmi les victimes décédées et blessées. Et par les Italiens, qui dans l’après-midi du 1er janvier, ont révélé le nombre de victimes pour la première fois, puis annoncé le 2 janvier que le parquet italien avait déjà interrogé des dizaines de personnes. Le Ministère public valaisan et la police se sont ressaisis et ont depuis publié des points sur l'enquête, ainsi que des informations sur l'identification des victimes décédées et blessées.
Mais le Ministère semble, depuis, à nouveau muré dans le silence. Sa non-réactivité face aux questions des journalistes interroge. A l’heure actuelle, l’adresse mail de Béatrice Pilloud renvoie un message automatique, disant qu’il sera traité dès que possible. L’adresse mail générique aussi, assurant qu’une réponse nous parviendra, mais seulement si nos questions n’ont pas entre-temps trouvé réponse par un autre canal ou si le Ministère n’y a pas répondu pour un autre média.
Du côté des avocats, Jean-Luc Addor s’étonne aussi: «On n’a toujours pas reçu de communication officielle au sujet du pool des quatre procureurs en charge, alors même qu’on est partie constituée.» Me Romain Jordan, lui aussi partie constituée, ignore également l’identité des magistrats en charge.
Plus anecdotiquement, une source croit savoir que, depuis huit mois, Béatrice Pilloud effectue un CAS en communication, ce qui ne manque pas d’étonner dans le cas d’une juriste, cette formation se destinant plutôt aux communicants.
3 Plaignants exclus des auditions
Une autre critique, venue des avocats des victimes,fait grand bruit après avoir été relayée par Léman Bleu. Le Parquet veut exclure les familles des victimes des auditions menées par la police, et Béatrice Pilloud a persisté et signé dans le TJ de la RTS du même jour. Les victimes ne pourront pas assister, par exemple, à l’audition du chargé de sécurité de la commune, un témoignage de la plus haute importance. Les avocats des victimes y voient une entorse à la loi. Inversément, les avocats des prévenus sont autorisés à assister aux auditions des victimes. Là aussi, le signal donné n’est pas favorable aux plaignants, qui légalement auraient le droit d’assister aux auditions.
Le motif de cette exclusion, à savoir le risque de fuites invoqué par Béatrice Pilloud, est loin de convaincre Jean-Luc Addor. «Les parties ont déjà accès au dossier.» Les avocats ont saisi le Ministère d’une demande de participer aux auditions. «Je n’ai pas reçu directement d’interdiction, puis j’apprends par la communication du Ministère hier que c’est interdit. Les auditions excluant les parties constituées risquent de devoir être refaites. Ce serait un travail de singe!», déplore l’avocat.
4 Elle laisse les suspects en liberté
Le fait que Béatrice Pilloud n’ait pas jugé utile de mettre en détention provisoire le couple visé par l’enquête pénale sur la mort de 40 personnes, souvent brûlées vives, et les 116 blessés, dont de nombreux grièvement, a suscité de vives critiques. Cette approche molle tranche avec la fermeté attendue par les familles des victimes. Et avec le discours des Italiens, des avocats des victimes et d’une partie du public. Une impression de laxisme domine alors que le couple a tout loisir en théorie de coordonner ses réponses face à la police ou de fuir en France, qui n’extrade pas ses ressortissants.
Sur la RTS, le professeur de droit pénal Alain Macaluso a estimé qu’il était tout à fait concevable de placer en détention des suspects durant 24 heures, lors d’une arrestation provisoire, le temps des premiers interrogatoires.
«En Italie, ils auraient été arrêtés!», a déclaré l’ambassadeur d’Italie le 5 janvier lors d’une conférence de presse. «Si les Moretti mettent les voiles, alors Béatrice Pilloud peut démissionner le jour même, juge Jean-Luc Addor. Je pense que la crédibilité de l’enquête est sujette à caution.»
Des sources ont par ailleurs indiqué aux médias que la maison des Moretti serait surveillée 24h sur 24, une surveillance qui semble viser non pas à les empêcher de fuir, mais plutôt à les protéger contre des tiers. Là encore, le Ministère public ne répond pas à nos questions quant à la possible protection policière du couple Moretti, et ce depuis plusieurs jours. Dès lors, l'incertitude sur cette protection demeure et renforce l'impression d'ambiguité quant aux priorités.
5 Elle n’a pas fait perquisitionner la commune
Dans le même ordre d’idées, Jean-Luc Addor revient sur l’absence de perquisition de la commune, qui a elle-même remis les documents. Des méthodes qui inspirent peu confiance: «Dans une procédure pénale sensible, le Ministère public doit donner à la police un mandat de perquisition pour obtenir les dossiers de la commune, estime l’avocat. Les policiers doivent pouvoir aller chercher ces documents avant que la commune n’ait le temps de les trier.»
Pour l’avocat des victimes, une partie très importante du travail du Ministère public consiste à donner des moyens à la police de faire son travail correctement. «Un mandat de perquisition, un mandat d’arrêt, c’est le Ministère public qui les délivre à la police. S’il y a un risque de fuite et de collusion, il ne suffit pas pour les prévenus de publier un communiqué qui dit aux journalistes qu’ils ne vont pas fuir.» En effet, les époux Moretti ont envoyé, le 6 janvier, un communiqué où ils assurent qu'ils ne chercheront «d'aucune façon à (se) dérober», précisant qu'ils sont désormais représentés par la pénaliste genevoise Yaël Hayat, ainsi que Nicola Meier et Patrick Michod.
«Si on veut mener une procédure crédible aux yeux du monde, et que les gens cessent de parler des 'combines valaisannes', le seul moyen était d’utiliser des méthodes crédibles. Malheureusement, Béatrice Pilloud ne le fait pas», déplore ainsi Jean-Luc Addor.
6 Des conflits d’intérêt mal gérés
Ce 7 janvier, une nouvelle maladresse du Ministère public a fait couler de l’encre. La police, sur demande de la procureure générale, a proposé aux familles des victimes trois avocats pour regrouper les plaintes. Sauf que l’un d’eux est le cousin de l’avocat de la partie opposée, à savoir la Commune de Crans-Montana. Lui et une autre avocate sont par ailleurs au Conseil de la magistrature, l’organe de surveillance de la justice.
Des éléments qui ont soit échappé au Ministère public et à la police, soit qui n’ont pas reçu l’attention requise de leur part. A nouveau, de vives critiques ont été émises par Jean-Luc Addor, Sébastien Fanti et Romain Jordan, les trois avocats qui sont déjà parties constituées pour les familles des victimes. D’après Léman Bleu, Sébastien Fanti a saisi le Bâtonnier valaisan «pour remettre de l’ordre». Ce dernier, Me Gonzague Vouilloz, parle d’«erreur» et de «naïveté». Ce 7 janvier, Béatrice Pilloud a reconnu qu'il s'agissait d'une «maladresse».
Par ailleurs, le site Insideparadeplatz, connu pour ses révélations au sujet de UBS, Credit Suisse ou encore Nestlé, a laissé entendre qu’il existerait des liens entre le mari de la procureure, le producteur de vins François Pilloud, et le restaurateur suspecté Jacques Moretti.
Toutefois, nous ne pouvons pas les confirmer à ce jour. Nous savons seulement que Jacques Moretti proposait un certain nombre de vins corses sur les cartes de ses restaurants, et qu’en juin, il aurait reçu une liste de 37 vins valaisans qu’on lui a sélectionnés afin qu’il en commande quelques-uns.
Selon une jeune témoin, les vins de François Pilloud et de son entreprise PaP Vins y figuraient, et il «est possible», mais non certain, qu’il en ait commandé. Toutefois, l’intéressé dément. «Pourquoi voulez-vous le savoir? Ce n’est pas mon client. Laissez-moi tranquille à présent», nous répond François Pilloud au téléphone. Nous n’avons pu le vérifier. En effet, les sites des restaurants des Moretti, à savoir Le Constellation, Le Vieux Chalet et Le Senso ont disparu d’internet, et leurs cartes de vins avec eux.
Un conflit d’intérêt entache l’historique récent de Béatrice Pilloud. En 2024, la procureure Rahel Brühwiler, en charge de l’affaire Dominique Giroud, avait accusé Béatrice Pilloud de partialité et lui avait demandé de se récuser, car cette dernière avait été l’avocate de l’épouse d’un encaveur lié à Dominique Giroud, d'après une enquête du «Temps». En juillet 2024, le Tribunal cantonal avait donné raison à Rahel Brühwiler, estimant que la récusation de Béatrice Pilloud «s'imposait», car «elle ne s’est pas contentée de diriger l’activité du Ministère public, mais elle s’est impliquée personnellement, au niveau opérationnel, dans la procédure, sans respecter le cadre légal».
Quant aux interrogations du site d’Insideparadeplatz sur le voyage annuel en Corse du gouvernement valaisan en septembre dernier, les liens avec les Moretti semblent clairement infondés. Même si c’est le lieu d’origine des propriétaires du «Constellation», leur implication semble inexistante dans l’organisation de ce voyage. Le conseiller d’Etat Mathias Reynard, qui connaît très bien la région pour y avoir une maison de famille, l’aurait organisé.
7 Déssaisissement évoqué
Au final, le nombre de maladresses et de signaux d’amateurisme émanant du Ministère public valaisan fait de plus en plus émerger l’idée d’un dessaisissement de Béatrice Pilloud, possiblement au profit d’un procureur externe au canton.
Pour Sébastien Fanti, la dernière affaire des trois avocats proposés aux victimes, y compris à celles que lui et ses confrères défendent déjà, est celle de trop. «Il faut que le Grand Conseil valaisan désigne un procureur extraordinaire hors du canton, afin qu'il soit saisi de cette affaire. Celui qu'il nous faudrait est Eric Cottier, l’ancien procureur général du canton de Vaud.»
«Le canton du Valais doit être placé sous tutelle de la Confédération, le temps que la lumière soit faite, estime un entrepreneur valaisan qui travaille dans la sécurité et qui a requis l’anonymat auprès de Blick. La Confédération doit reprendre la main et mener un audit fédéral indépendant des chaînes de responsabilité, clarifier les manquements, et mettre immédiatement en conformité les procédures de sécurité.»
«Il y a des gens qui demandent la démission du président de Crans-Montana. Il faut aussi poser la question de la démission de Béatrice Pilloud, estime Jean-Luc Addor. Quand on voit comment l’affaire a démarré sous sa direction, est-ce qu’on peut lui faire confiance pour garantir que l’instruction soit menée d’une manière impartiale et sans concession avec tous les moyens que la loi donne au Ministère public?»
Pour l’avocat, qui a été juge d’instruction pendant 10 ans, «la procureure générale est en train de ternir l’image des autorités de poursuite pénale valaisane, et donc du Valais, et du même coup de la Suisse».


